Comment prendre la bonne décision ?

Comment prendre la bonne décision, malgré les biais cognitifs ?


Voici ce que j’ai retenu de la vidéo d’Olivier Sibony :

Il y a deux conditions :

  1. Avoir une équipe
  2. Avoir un système de décision

Voici un système permettant une meilleure prise de décision :

  • Chercher la contradiction (chercher pourquoi la décision que l’on souhaite prendre n’est pas une bonne idée) alors que notre tendance naturelle est de chercher la confirmation
  • Se donner un temps pour exprimer les désaccords (et valider la décision une fois les désaccords résolus de manière satisfaisante)
  • Discuter les incertitudes (au lieu de les mettre sous le tapis) afin d’envisager les possibilités permettant de les limiter
  • Énoncer les critères de sélection avant de proposer l’idée (ex : remplacer « on va prendre notre décision parce que a, b, c…  » par « on prendra la décision si a, b, c … et ensuite réfléchir à la solution)

Comment se passe généralement une prise de décision biaisée ?

Exemple avec une acquisition :

  • Le biais de confirmation : on identifie une cible, on va étudier cette cible et rien d’autre. On va donc chercher les éléments qui prouvent qu’on est sur la bonne cible
  • Pensée de groupe : les coéquipiers ont tendance à être d’accord entre eux, c’est plus agréable
  • Excès de confiance : sur estimer son potentiel
  • Ancrage : on prend en compte la situation énoncée au départ, même si elle est saugrenue (ex: un prix démesurément élevé)
  • Conflits d’intérêt : celui qui demande qu’on étudie la question est généralement le grand chef, ce dernier est intéressé par le sujet. On a tendance à vouloir être d’accord avec le grand chef

Comment éviter les biais ? Trois techniques :

  1. Avoir deux équipes, avec la première démontrant que la décision est bonne, et la deuxième que la décision est mauvaise. Le décideur pourra entendre les deux points de vues
  2. Le pré-mortem ou autopsie de l’échec qui n’a pas encore eu lieu : on s’imagine que 6 ans après avoir pris la décision, ce fut un échec terrible. Chacun prend donc une feuille et écrit les 5 causes de cet échec.
  3. La checklist des critères nécessaires pour que la décision soit bonne, puis soumettre la décision points par points a la liste

Tout cela semble évident, cependant si la démarche n’est pas systématique et formelle, on utilise ces principes seulement quand ils sont présent dans notre esprit, difficiles de penser à les appliquer dans les moments décisifs.

Quels sont les freins :

Généraliser ce système va limiter le décideur dans ses prises de décisions arbitraires en l’obligeant à écouter plus formellement les gens qui l’entoure, et tenir (un peu) plus compte de leur avis.

Cela va a l’encontre de la vision qu’on a du leader : celui qui peut prendre des décisions envers et contre tous (ex: Steve Jobs). Si on est pas Steve Jobs, on peut prendre le modèle de leadership d’Ulysse.

Ulysse voulait aller à un endroit d’où personne n’était revenu : là où chantent des sirènes. Il avait une confiance totale dans son équipage, au point de remettre sa vie entre leur mains. Ces derniers avaient également une grande confiance en lui, étant d’accord pour le suivre dans l’inconnu, sachant que lui ne serait pas là pour les guider …