Documentaire « The Untouchables »

La politique de prêts immobilier incriminé dans la crise financière de 2008 était permissive. A partir du moment ou une personne respirait, on lui accordait le prêt. Son niveau de revenu n’entrait pas en ligne de compte.

Voici un documentaire enquête-reportage de l’émission « Frontline« . Diffusée par la chaîne américaine publique « Public Broadcasting Service » ( PBS ). Sujet : Comment et pourquoi les haut dirigeants de Wall Street n’ont pas été inquiétés par la justice américaine malgré leur responsabilité dans la crise économique de 2008.

Résumé :

Pour les évaluateurs de risque, le mot « fraude » était interdit. On parlait d’erreur. Un certain laxisme était encouragé par leur hiérarchie. Une serveuse qui gagnait 12000 $ par mois était quelque chose qualifié de raisonnable.

[13:29 mn]
Il n’y avait pas que les évaluateurs externes qui relevaient des fraudes, les employés des grosses banques détectaient aussi des problèmes. Richard Bowen qui travaillait chez Citigroup en tant que chef de souscription des crédits commerciaux dirigeait alors des opérations qui concernaient environ 90 milliards de dollars pas an de crédits hypothécaires qu’ils achetaient à d’autres sociétés. Sa mission était de s’assurer que ces prêts respectaient leurs directives en matière de politiques de crédit. Avec son équipe, il a découvert que 60% des crédits ne respectaient pas ce directives. En 2007, les irrégularités ont grimpées à 80%. Le 3 Septembre 2007, Richard envoie un mail à quatre cadres supérieurs de la CitiBank (dont le président du Conseil d’administration et ancien Secrétaire au Trésor : Robert Rubin). Leur faisant part de ses inquiétudes sur les risques pour l’entreprise, et en sollicitant une enquête externe.

[15:50 mn]
En 2008, les banques à fort effet de levier, gavées de produits toxiques, ont commencé a faire faillite.

[17:10 mn]
Pour poursuivre les coupables, Barack Obama fait voter une nouvelle loi. Le sénateur Ted Kaufman et l’un des auteurs de cette loi. Les sénateurs sont étonnés de constater que le gouvernement n’était pas préparé pour enquêter sur Wall Street. John Pistole, le directeur du FBI a délivré un témoignage étonnant : Après le 11 septembre, 2000 enquêteurs criminels ont été affectés à la sécurité nationale (à l’anti-terrorisme). Mais il ne les a pas remplacés. Ainsi il ne restait que 200 agents du FBI disponibles. En comparaison, pendant la crise des caisses d’épargne dans les années 80, il y avait 1000 agents du FBI qui enquêtaient sur cette fraude. À l’époque, la justice avait condamné plus de 1000 banquiers dont un tiers de hauts dirigeants. Kaufman a déclaré que lorsqu’on vole un million de dollars, on doit aller en prison. Les gens de Wall Street ont répondu : »Vous essayez de détruire les banques. Aucun délit n’a été commis ici. En plus nous sommes très fragiles. Quelque chose pourrait arriver si vous commencez à parler de délit ».

[20:30 mn]
Il y avait déjà une affaire commencé sous l’administration Bush. Elle impliquait deux gestionnaires de fonds de placement de Bear Stearns qui étaient accusés d’avoir trompés les investisseurs. Le dossier n’était pas assez solide. En l’absence de dénonciation, les procureurs ont du s’appuyer sur l’interprétation de quelques emails. 18 avocats de Wall Street se sont mis au travail et après trois semaines de procès, le gouvernement n’a pas pu convaincre le jury que les gestionnaires de fonds étaient coupables.

[24:10 mn]
Au printemps 2009, la commission de Kaufman est inquiète. Ils pensent que le FBI ne vise pas assez haut.

[27:20 mn]
Robert Rubin est interrogé sur les emails d’alerte que Richard Bowen lui a envoyé. Il répond qu’il ne se souvient pas mais que quelqu’un l’a transmis à quelqu’un de compétent. Il dit ne pas se rappeler si il a été mis au courant à l’époque. La défense est qualifié d’un peu « légère pour des gens qui gagnent 115 millions dans le cas de Robert Rubin ». C’est Bowen qui est mis sur la touche. Il a finalement quitté la banque. Dans le procès qui a suivi, Citigroup a reconnu avoir mal agit en dérogeant aux règles élémentaires d’évaluation de risque de 2004 à 2010. Mais c’était un cas généralisé à de nombreuses banques. Et elle n’ont jamais averti les investisseurs, bien au contraire. Pouvait-on qualifier ça de comportement criminel ?

[29:28 mn]
Lanny Breuer, directeur de la chambre pénale, est interrogé dans le reportage sur pourquoi ces renvois n’avaient pas fait l’objet d’accusations. Il répond : dans une affaire pénale, nous devons prouver hors de tout doute raisonnable qu’un crime a été commis. Si nous ne pouvons pas l’établir, nous ne pouvons pas saisir la justice. Mais nous avons intentés plusieurs procès au civil …

[30:10 mn]
En avril 2010, Lloyd Craig Blankfein, directeur de Glodman Sachs fut convoqué au Congrès par le sénateur Carl Levin. Lloyd n’a exprimé aucun regrets. Le sénateur a remis ses conclusions à la justice, mais une fois de plus elle s’est refusée à engager des poursuites.

[32:00 mn]
Jeff Connaughton déplore : Certes il est difficile de prouver une intention (hors de tout doute raisonnable). Mais aucun effort n’a été fait pour cela. Cela n’a aucun sens de dire qu’aucun dirigeant de Wall Street, aucun acteur de la crise financière n’a commis de fraude qui puisse être prouvé ? Je n’y crois pas une seconde.

[36:15 mn]
Sen. Chuck Grassley explique : aucun effort a été fait pour s’attaquer a de plus gros poisson, tant que la tête est là, rien ne change.

[38:00 mn]
Teri Buhl , journaliste indépendant et blogueur a visionné 3 à 4 h de témoignages détaillant une fraude massive au plus haut niveau de Bear Stearns …

[40:10 mn]
Mark Palmer pense qu’il y a des preuves suffisantes montrant que l’industrie de titrisation hypothécaire était pourrie jusqu’à la moelle … Les procureurs de Patterson Belknap ont parlés de 35 négociateurs, la plupart étaient superviseurs en évaluations de risque et des courtiers. Tom Léonard, superviseur, en faisait partie. Il explique que le pire taux défectueux qu’il ait vu était de 50%. Les critères ont alors été re-qualifiés frauduleusement pour qu’il ne le soit plus.

De nombreuses voix s’accorde pour dire que cette affaire aurait dut être jugée au pénal. De nombreux témoins, facilement joignable par les journalistes, affirment ne pas avoir été contactés par le Département de la Justice.

[46:55 mn]
Lanny Breuer, à la tête de la Division Criminelle de la Justice, répond qu’il ne peut pas parler en général à propos des dénonciateurs anonymes. Mais qu’a chaque fois il invitait ces dénonciateurs à se manifester. A la question : pourquoi est il aussi facile pour les journaliste de contacter ces témoins qui, après 4 ans, n’ont toujours pas été approchés par la justice ? Lanny répond sous le regard étonné du journaliste, qu’il n’accepte pas de laisser dire qu’il ont rencontré des dénonciateurs qu’ils n’avaient pas interrogés.

Lanny Breuer, dit s’être préoccupé des conséquences que pourraient avoir ses décisions sur différents acteurs économique. Ted Kaufman trouve cela anormal, arguant qu’un procureur n’a pas à se soucier de la santé des banques. Que le travail d’un procureur est de poursuivre les criminels.

[50:00 mn]
Le gouvernement a fait payer quelques milliards de dollars d’amendes pour une crise qui a couté aux investisseurs et aux propriétaires plusieurs centaines de milliards de dollars.  Jusqu’à présent, aucun dirigeant de Wall Street n’a été tenu pénalement responsable par le département de la justice pour des activités liées à la crise financière.